Installer Linux sur un Chromebook : Les Étapes Exactes à Suivre

Avant-propos : Cet article fait partie d’une série d’articles destinés à montrer qu’on peut facilement sortir des sentiers battus avec un Chromebook en installant un autre OS tel que linux sur ce type de machine.

On reproche souvent à ChromeOS la fermeture de son écosystème et son manque d’applications. Il est vrai que la possibilité d’installer des applications issues de l’univers Android est un serpent de mer et qu’en dehors des programmes très orientés bureautique et multimédia de ChromeOS, peu d’outils sont disponibles pour effectuer ce que le commun des ordinateurs portables est aujourd’hui capable de faire.

Par ailleurs, confier l’ensemble de ses documents et de sa vie numérique à un opérateur du Cloud n’est pas sans risques pour la vie privée, sans parler de l’empreinte énergétique de l’informatique dans le Nuage.

Aussi, lorsque mon collègue m’a suggéré d’envisager l’achat d’un tel appareil comme machine principale au quotidien, j’étais pour le moins dubitatif. Et pourtant….

Je cherchais un ordinateur pour remplacer mon vénérable Sony Vaio TZ21 de 2007. Après 10 ans de bons et loyaux services, avec son écran 11 pouces, son disque dur à 4200tr/mn et son core2duo à 1,06 GHz, son usage au quotidien devenait assez compliqué. J’avais depuis longtemps remplacé son Windows XP par des distributions linux Ubuntu très légères (Lubuntu), me permettant de bénéficier d’une machine toujours à jour (elle tourne encore sous Lubuntu 17.04), sans sacrifier à ses performances. Mais, non… Il était décidément temps de changer.

Cahier des charges

Mon cahier des charges était précis, rendant l’équation d’achat assez complexe au final :

  • Une machine légère avec une solide autonomie
  • Pas de licence Windows, et compatibilité Linux
  • Un écran 13″ HD
  • Un disque SSD
  • 4 Go de RAM minimum
  • Un prix compétitif (moins de 600€, voire plutôt moins de 500€)
  • Le silence…

Je souhaitais évidemment pouvoir faire tourner tous les softs que j’utilise au quotidien :

  • Bureautique (LibreOffice idéalement)
  • Développement (Un peu de python, de R, de SQL et de Git)
  • Des outils de traitement de données (OpenRefine, Outwit, Tabula)
  • Retouche photo et montage vidéo (sans forcément chercher des trucs pros)
  • Un peu de FTP, de Web…
  • Le tout évidemment disponible sans connexion internet

Et d’une manière plus générale, je souhaitais pouvoir disposer d’une logithèque importante, variée et garder un certain contrôle sur ma machine. Ce point me semblait primordial.

C’est en effet un peu paradoxal : j’aime les machines faciles à vivre au quotidien, celles qui savent se faire oublier dans leur fonctionnement. Mais je ne rechigne pas à mettre parfois le nez dans le moteur, pour comprendre comment tout cela fonctionne.

Mon budget n’étant pas extensible, la question du prix a directement exclu les produits Apple. Pourtant assez fan de la marque à la pomme, les tarifs pratiqués sur les configurations d’entrée de gamme sont assez rédhibitoires pour des machines destinées à voyager au fond du sac à main et à subir les assauts de la mobilité.

Plusieurs sites proposent à la vente des PC sans système d’exploitation Windows pré-installés. Pour autant, je n’arrivais pas à me décider sur un modèle vraiment emballant : beaucoup de machines étaient assez limitées pour le prix, lourdes, et disposant d’une autonomie assez faible.

Bref je tournais un peu en rond jusqu’au jour où mon camarade de bureau m’a parlé des Chromebook. J’ai un peu ri sur le coup. Ces machines représentaient pour moi le degré zéro de l’informatique (mon côté snob, que voulez-vous…). Mais il m’a montré le sien, de 5 ans d’age sous linux, et j’ai été assez vite séduit.

Le choix de la machine

Après plusieurs jours de réflexion, mon choix s’est porté vers un modèle ASUS C301SA, commandé chez un marchand bien connu du net au prix de 395€.

Un chromebook Asus C301 sous linux sur le site du chromebookeur

Le ASUS C301SA

Pourquoi ce modèle? Simple.

Sorti fin 2016 dans cette configuration, il dispose d’un SSD de 128Go pré-installé, 4Go de RAM, d’une belle dalle HD et son look façon alu, quoiqu’assez neutre, en fait une machine agréable à regarder. Son tarif rentrait parfaitement dans mon bugdet. Par ailleurs, je ne souhaitais pas investir dans un modèle tactile, cette fonctionnalité n’ayant aucun intérêt dans le cadre de mon usage et étant susceptible de générer des incompatibilités sous Linux. Cette configuration représentait la dernière évolution de celle de mon camarade et j’avais la quasi assurance que l’installation de linux sur cette machine allait me combler.

Le détail de cette installation fera l’objet d’un prochain billet, mais sachez d’ors et déjà que j’ai opté pour un mode « dual-boot« , ce qui signifie que je choisis au démarrage de la machine si je souhaite utiliser ChromeOS ou Linux. Je trouvais intéressant en effet de pouvoir rendre tout le processus d’installation facilement réversible en cas de revente de l’appareil.

Enfin, conscient de l’intérêt de ChromeOS pour le simple usage « surf », et disposant d’un espace de stockage confortable, pourquoi se priver d’un double OS ?

Et alors, ce Chromebook ?

Photo d'un bureau xfce4 et Cairo, linux sur un chromebook C310

Mon bureau Xfce4 avec son dock Cairo

 

Le système embarqué est une distribution Xubuntu 17.04, soit la toute dernière version disponible de cet OS libre et gratuit. Petite subtitilité, j’ai dû emprunter quelques outils d’une autre distribution basée sur Ubuntu appelée GalliumOS et spécialement optimisée pour les Chromebooks. L’installation complète m’a pris une petite heure au total, et les derniers réglages une petite demi-heure.

J’ai opté pour un bureau léger appelé xfce4, équipé d’un dock Cairo (« à la OSX »). Xfce4 laisse une empreinte minimale en mémoire et dispose néanmoins d’un grand nombre d’applets propres lui permettant d’afficher toute les informations nécessaire dans la barre des tâches.

Cette machine dispose donc de l’ensemble des applications dont j’ai besoin. Sans être un foudre de guerre (son processeur N3160 Celeron à 4 coeurs est plutôt taillé pour l’économie d’énergie), elle assure avec discrétion et rapidité sa mission et me comble au quotidien. Elle boote en 25 secondes environ, et son autonomie lui assure facilement 9h à 10h d’autonomie. L’écran HD est très bon.

Le clavier, bien que non rétroéclairé, est très confortable. Deux (petits) bémol :

  • le mapping des touches F1 à F12 qui a parfois du mal à trouver sa réelle correspondance sous Linux, et la touche CAPS LOCK remplacée par la loupe.
  • Le trackpad un peu moins réactif sous Linux que sous ChromeOS, la faute à un driver capricieux. J’utilise de toute façon une souris portable, et cela doit pouvoir être réglé.

Je surfe, je code, j’édite mes textes, mes sons, mes vidéos en toute liberté. La logithèque est abondante et couvre tous mes besoins. J’ai même installé quelques logiciels pour m’initier au pentesting !

Au-delà de tous ces aspects, mon système est moins dépendant du Cloud, plus respectueux de ma vie privée et tend à devenir mon ordinateur principal.

Bref, ce Chromebook sous Linux, c’est une vraie réussite !

À propos de l'auteur

Herve

2 Commentaires

  • Une série sur le dual boot ? Cool ! =D tu auras un lecteur assidu. Beaucoup de tuto en anglais (notamment chez GalliumOS, que j’ai pas réussis à installer en dual-boot … je sais, shame on me) … peu en français. Juste sur Ubuntu France, mais sous Crouton (qui est plus une machine virtuel qui doit être reconfiguré à chaque MAJ de ChromeOS, ce que je trouve rédibitoire).

    En tout cas, je t’encourage à continuer cette série ! Je t’assure un lecteur 😉

    Bonne continuation 🙂

Laisser un commentaire